#103 @fil · L’Ukraine s’installe en position de force

Et aussi : coût économique de la guerre en Ukraine, remise en question de la Pink Tax et coût du Brexit pour les britanniques

#103 @fil · L’Ukraine s’installe en position de force
Toutes mes excuses pour le retard avec lequel j’ai publié les deux numéros de L’Économiste Sceptique cette semaine. L’Économiste Sceptique dépend beaucoup de Twitter, à la fois pour générer du trafic et pour ma veille. Or, vu la tournure des évènements chez Twitter depuis que Musk en a pris possession, j’ai dû commencer à exécuter un plan de contingence que j’avais préparé. L’objectif du plan est de réduire au plus vite la dépendance de L’Économiste Sceptique à Twitter. Malgré le surcroit de travail que l’exécution du plan provoque, il se déroule bien. Je n’ai, à ce stade, pas de crainte sur la pérennité de L’Économiste Sceptique. Je vous tiendrai informés si la situation évolue.

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Aussi longtemps que dure la guerre en Ukraine, aussi longtemps s’accumulera son coût économique. L’Ukraine, la Russie, mais aussi le reste du monde subissent ce coût — à des degrés certes différents. Pour les occidentaux, une partie du coût de la guerre est lié aux sanctions économiques qu’ils ont mises en place contre la Russie : ces sanctions ont un coût pour la Russie, mais elles ont aussi un coût pour les occidentaux. J’ai prévu de traiter du coût des sanctions pour les occidentaux dans de prochains numéros de L’Économiste Sceptique.

Il faut toutefois ne pas faire l’erreur d’attribuer l’intégralité du coût de la guerre pour les occidentaux aux sanctions. En d’autres termes, même sans les sanctions, la guerre aurait un important coût économique.

Parce que le coût économique de la guerre dépend de l’évolution militaire, j’ai besoin de couvrir l’évolution militaire de la guerre en Ukraine sur L’Économiste Sceptique. D’après les analystes que je lis pour m’informer, la guerre sera probablement longue — on parle de mois, voire d’années. Pour autant, cette longueur ne doit pas masquer que le rapport de force entre les ukrainiens et les russes évolue — en faveur des ukrainiens. La récente libération de la ville de Kherson par l’armée ukrainienne illustre de manière spectaculaire cette évolution.

En plus de constituer une éclatante victoire militaire, la libération de Kherson par l’armée ukrainienne est un camouflet politique majeur pour Poutine. Kherson fait partie des quatre oblasts ayant « voté » en faveur de l’annexion par la Russie lors des référendums illégaux que la Russie a récemment organisés. Un mois après ces référendums illégaux voilà qu’une ville ayant, dit-on au Kremlin, voté virtuellement à l’unanimité en faveur de l’annexion, retourne à l’Ukraine. Pire pour le régime de Poutine, les habitants de Kherson ont accueilli les soldats ukrainiens en libérateurs. Ces images font désordre à l’intérieur de la Russie, car malgré la propagande, elles montrent que Poutine n’a pas le contrôle sur son « opération militaire spéciale » ukrainienne.

Comment l’attitude de Poutine va-t-elle évoluer suite à cette nouvelle défaite russe ? Et quelles seront les conséquences de cette évolution sur le coût économique de la guerre ? Avant de répondre à ces questions, j’aimerais (re) faire un point sur la méthode avec laquelle je couvre la dimension militaire du conflit sur L’Économiste Sceptique.

Ce point de méthode n’introduit rien de nouveau. Je vais me contenter de répéter ce qui est ma posture méthodologique depuis le début du conflit : je ne suis pas spécialiste, ni en opérations militaires, ni en géopolitique. Je suis économiste et je suis vulgarisateur scientifique. Lorsque je traite de la dimension militaire du conflit sur L’Économiste Sceptique, je le fais en tant que vulgarisateur : je lis, j’écoute et je regarde les analyses d’experts en opérations militaires et en géopolitique, et je vous propose ensuite une sorte de synthèse de ce qui me semble être l’opinion consensuelle (ou à défaut, majoritaire) chez ces experts. Il serait exagéré de dire que je n’ai pas d’avis sur la dimension militaire du conflit, mais ça n’est pas mon avis que je partage sur L’Économiste Sceptique.

Cette précision étant faite, je peux revenir sur la question de l’attitude de Poutine suite à la libération de Kherson — et sur les conséquences économiques que cette attitude aura.

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