#114 · Les réseaux sociaux éloignent-t-il vraiment les jeunes de la science ?

Un récent sondage sur l'effet que les réseaux sociaux auraient sur la confiance des jeunes dans la science a versé d'inquiétants résultats au débat. Je ne crois pas que ce sondage mérite l'attention qu'il a reçue.

#114 · Les réseaux sociaux éloignent-t-il vraiment les jeunes de la science ?

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À celles et à ceux à qui je n'ai pas encore eu de l'occasion de le souhaiter, je vous souhaite une excellente année 2023 ! 2023 sera assurément une belle année pour L’Économiste Sceptique. J’ai hâte de partager avec vous les nouveautés sur lesquelles je travaille – et de continuer à vous partager mon contenu. Si vous aimez mon contenu et que vous le trouvez utile, vous pouvez soutenir mon travail en adhérant à l'une des formules Plus. Adhérer à Plus vous donne également accès à l'intégralité de mon contenu.

Vous avez peut-être entendu parler de ce sondage récent de l'IFOP : la confiance des jeunes dans la science serait en chute libre. En cause, dit-on : les réseaux sociaux en général, et TikTok en particulier. Ça n'est pas la première fois qu'un tel sondage est publié. Cependant, peut-on se fier à ses résultats ?

Sondage : la proportion des jeunes qui perçoivent positivement la science a chuté de 22 points en cinquante ans
Le sondage pointe aussi la forte adhésion de la jeune génération aux “vérités alternatives”. Ils sont notamment 25% à penser qu’on “peut avorter sans risque avec des produits à base de plantes”.

Avant tout, je veux clairement et sans aucune ambiguïté dire que les sondages sont une méthode parfaitement acceptable pour mesurer rigoureusement les phénomènes sociaux. Il est de bon ton de leur reprocher une litanie de supposés problèmes. D'après mon expérience, les reproches faits aux sondages illustrent plus souvent la méconnaissance de la méthodologie des sondages de ceux qui font ces reproches, que l'existence d'authentiques problèmes.

Cela étant, comme n'importe quel outil, les sondages ont des limites. Il me semble pertinent d'en mentionner trois. La première est que certains sondages sont de mauvaise qualité. La deuxième est qu'un seul sondage ne suffit généralement pas à mesurer dans toute sa complexité un phénomène social. La troisième n'est pas à proprement parler une limite car elle n'est pas le fait des sondages eux-mêmes, mais de celles et ceux qui les lisent : les sondages sont trop souvent mal, ou sur, interprétés.

Que penser du sondage de l'IFOP et de ses inquiétants résultats ? D'après moi, il souffre d'une combinaison des deux derniers problèmes que je viens de mentionner.

Intéressons-nous rapidement à un autre sondage, toujours de l'IFOP, publié en novembre 2022. Il mesure que 92% des français ont une… bonne image de la science.

Le sondage sur les jeunes est inquiétant. Le sondage de 2022 est rassurant. Comment réconcilier ces mesures en apparence contradictoires ? D'après moi, le sondage de 2022 illustre de manière spectaculaire qu'un seul sondage ne suffit pas à mesurer dans toute sa complexité un phénomène social. D'autant plus lorsque le phénomène est aussi nuancé que le rapport des français à la science.

Revenons au sondage sur les jeunes. Je suis allé lire sa notice. La notice d'un sondage est un document méthodologique, obligatoire pour les sondages électoraux, qui détaille sa méthode et ses résultats. C'est la notice que les médias reçoivent, c'est elle qui sert de base aux journalistes pour écrire leurs articles, reportages et émissions. Lire la notice permet de vérifier (imparfaitement) la qualité du sondage, et permet de vérifier que les résultats du sondage ont été fidèlement retranscrits dans les médias.

Avant même de lire la notice, je suis méfiant — et je ne suis pas le seul. En cause, le cadrage du sondage. "Génération TikTok, génération toc-toc ?" titre-t-il. Il est de bon ton (y compris dans la communauté sceptique) d'accuser les réseaux sociaux de causer de nombreux problèmes. Ces accusations reposent sur des liens de causalité (« les réseaux sociaux causent le problème X »), liens de causalité dont il faut d'abord vérifier rigoureusement qu'ils… existent. Si je comprends bien la littérature scientifique qui étudie les effets négatifs des réseaux sociaux, littérature qui au passage existe et que l'on devrait peut-être lire plus souvent, il est souvent compliqué de conclure. À en juger par le discours souvent péremptoire et souvent alarmiste sur les effets négatifs des réseaux sociaux, je me demande si nous ne manquons pas de prudence collective dans ce débat.

The Evidence Just Doesn’t Support Any Of The Narratives About The Harms Of Social Media
A whole bunch of people over the last month have sent me Jonathan Haidt’s essay in The Atlantic, “Why the Past 10 Years of American Life Have Been Uniquely Stupid,” and asked for …

Par ailleurs, une précision sur mes compétences personnelles. J'ai de l'expérience dans les enquêtes quantitatives et leur méthodologie, mais je ne suis pas sondeur. Il y a des points de méthodologie qui me surprennent dans le sondage. Mais je ne sais pas si c’est parce qu’ils sont authentiquement problématiques, ou si c’est parce que je n’ai pas les connaissances nécessaires pour comprendre en quoi ils ne le sont pas. Pour cette raison, j'estime ne pas avoir les compétences pour faire une critique méthodologique détaillée. Comme Vincent Flibustier, je pense qu'il y a des questions mal posées et des résultats peu crédibles dans le sondage. Mais comme le disent des gens plus compétents que moi, il n'y a semble-t-il rien de particulièrement choquant dans sa méthodologie.

Pour autant, la notice est intéressante car elle illustre en quoi ce sondage ne mérite sans doute pas l'attention qu'il a reçue.

Page 6

Commençons avec la page 6. L'IFOP y relate un chiffre alarmant, chiffre que de nombreux médias ont repris dans leurs titres : la proportion de jeunes ayant une opinion positive de la science serait passée de 55% en 1972 à 33% en 2023. J'en profite pour rappeler à France Info que passer de 55% à 33% n'équivaut pas à une baisse de 22%, mais de 22 points de pourcentage. Une baisse de 22% équivaudrait à un passage de 55% à 43%.

D'après la notice, les données de 1972 sont issues d'une enquête de la SOFRES pour le CEVIPOF, un centre de recherche de Sciences-Po Paris. Mais de quelle enquête s'agit-il exactement ? J'aimerais en effet vérifier qu'il est possible de comparer les données de 1972 avec celles du sondage de 2023. Le problème est que la source indiquée dans la notice ne permet pas d'identifier avec certitude la référence.

Je suppose que l'enquête auquel la notice fait référence est l'enquête "Les français et la science". Il s'agit d'une enquête qui mesure l'attitude des français face à la science une fois tous les dix ans environ. La dernière vague a été publiée en 2021. Dans le rapport portant sur la dernière vague, on retrouve la même question que celle du sondage ("De manière générale, avez-vous l'impression que la science apporte à l'homme…"), question qui a été posée lors de chaque vague depuis 1972. Il semble donc possible d'utiliser l'enquête comme point de comparaison. Il y a toutefois deux problèmes. Le premier est que je ne trouve aucune trace des réponses pour les seuls 18-24 ans dans l'enquête. Il y a bien un graphique, mais il porte sur toute la population. Le deuxième est que le chiffre rapporté sur le graphique pour 1972 n'est pas 55% mais 56%.

J'ai passé plusieurs jours à essayer de mettre la main sur l'enquête citée par la notice de l'IFOP. Je ne sais toujours pas avec certitude à quoi ce chiffre de 55% fait référence. Est-ce une erreur de retranscription de l'enquête "Les français et la science" ? Si c'est le cas, en plus de l'erreur de retranscription, la comparaison n'est pas valable car on compare l'attitude des jeunes à l'attitude de toute la population. Est-ce encore une autre enquête ? Ai-je manqué les données dans le rapport de la vague de 2021 ?

Il ne devrait pas être aussi difficile de retrouver la source de ce 55%. Ce chiffre est mis en avant dans la notice, et il a été abondamment repris dans les médias. Si l'un de vos résultats principaux repose sur une comparaison avec une autre étude, vous devez rendre cette autre étude facile à retrouver. Pourquoi l'étude de 1972 n'est-elle pas bien sourcée dans la notice ? Incompétence ? La comparaison entre 1972 et 2023 ne tient pas et l'IFOP souhaite le masquer ? Encore autre chose ? Je n'ai pas la réponse.

Page 8

Un peu plus loin (page 8), la notice propose de comparer les croyances en des "vérités alternatives" entre les jeunes et les seniors (personnes âgées de 65 ans et plus). Je suis étonné de retrouver "Manger bio, ça ne sert à rien" dans la liste. Cette phrase est ambiguë : que veut-dire "ne sert à rien" exactement ? Manger bien ne sert à rien pour réduire l'usage des pesticides ? Pour améliorer le bien-être animal ? Pour protéger la qualité de l'eau dans les cours d'eau ? Pour la santé humaine ? Pour d'autres sujets encore ? Selon la question, la réponse scientifiquement correcte sera "oui" ou "non".

Comme Vincent Flibustier, j'ai également du mal à comprendre ce que viennent faire l'élection américaine de 2020, l'assaut du Capitole ou le massacre de Bucha dans cette liste. Il est évident que se diffuse de la désinformation sur ces évènements, mais il ne s'agit pas de questions scientifiques.

Pour autant, il serait fallacieux de rejeter tous les résultats du sondage sur la base d'une question mal formulée et de trois questions hors sujet — un tel rejet repose probablement sur un sophisme de la solution parfaite. Des problèmes bien réels mais circonscrits à quelques résultats ne remettent pas nécessairement en cause le reste des résultats.

Le vrai problème que me pose cette page, c'est en réalité l'un des problèmes de fond que me pose ce sondage. Regardez le titre de la page : "L’adhésion à des 'vérités alternatives' est loin d'être marginale chez les jeunes". Si on lit attentivement les comparaisons entre les jeunes et les seniors sur la page elle-même, on constate que les seniors croient eux aussi beaucoup en de nombreuses "vérités alternatives". Et si la défiance vis-à-vis de la science n'était pas le fait des jeunes, mais de la société tout entière ?

C'est l'argument du sociologue Michel Dubois, l'un des auteurs de la vague de 2021 de l'enquête "Les français et la science". Dans cette interview, il explique que les résultats de l'enquête ne montrent pas l'émergence d'une défiance des français vis-à-vis de la science — une observation que corrobore le sondage de 2022 que je mentionne plus haut. Il explique que les données montrent plutôt une ambivalence de l'attitude des français vis-à-vis de la science : ils ont toujours une opinion positive de la science, mais ils sont de plus en plus sceptiques sur les effets positifs qu'elle apporte à la société.

Pour rendre compte de manière rigoureuse des résultats du sondage sur les jeunes, il me semble nécessaire de remettre ses résultats dans le contexte des attitudes sociales générales vis-à-vis de la science. Et c'est là que le bat blesse. Sévèrement. Aussi bien dans la notice du sondage, que dans les commentaires qu'il a engendrés.

Est-ce que les jeunes ont une attitude vis-à-vis de la science notablement différente par rapport à celle du reste de la société ? Si la réponse est oui, on peut se demander pourquoi. Si la réponse est non, c'est certes en soi intéressant de le savoir. Mais ça voudrait dire qu'il n'y a sans doute pas de problème spécifique vis-à-vis de la science chez les jeunes. Pourquoi s'intéresser aux seuls jeunes, si le phénomène est général ?

Cela dit, je suis prêt à croire que l'usage de TikTok ou d'autres médias sociaux expose à des "vérités alternatives" différentes comparé à l'usage de la télévision ou d'autres formes de média. Mais on voit bien que "TikTok expose à des 'vérités alternatives' différentes" n'est pas le même argument que "TikTok fait augmenter l'exposition aux 'vérités alternatives'".

Page 9

C'est pourtant ce dont essaie de nous convaincre la page 9 : la croyance en des "vérités alternatives" serait plus fréquente chez les utilisateurs de TikTok que chez les non-utilisateurs de TikTok. L'argument repose sur des graphiques — hideux et pour certains virtuellement illisibles, parole de data scientist. Or, les écarts sont souvent faibles.  Prenons le premier item en exemple. Est-ce que la différence entre 25%, 27%, 32% et 25% est statistiquement significative ? Pour expliquer rapidement : la significativité statistique permet de s'assurer avec un degré raisonnable de confiance que la différence entre deux valeurs n'est pas due à du bruit statistique, mais à une "vraie différence". Si j'avais à parier, je dirais que la plupart des écarts de la page 9 ne sont probablement pas statistiquement significatifs. Si j'ai raison, cela signifie que la page 9 tire une conclusion à partir de bruit statistique. Admettez que ça serait gênant.

A minima, je ne crois pas que les données de la page 9 permettent de rigoureusement conclure que TikTok serait la cause d'une augmentation de la défiance vis-à-vis de la science chez les jeunes. On a, au mieux, une possible corrélation. Mais corrélation n'est pas causalité.

Page 15

On retrouve le manque de contextualisation qui caractérise le sondage page 15. On y lit une autre conclusion alarmiste : 69% des jeunes croient au moins en une "vérité alternative". Mais quel est le taux dans la population générale ? Si, dans la population générale, les deux tiers des gens croient au moins en une "vérité alternative", qu'a-t-on mesuré avec notre sondage ? Que dans une société où beaucoup de personnes croient en des "vérités alternatives", beaucoup de jeunes croient en des "vérités alternatives" ?

Le graphique en bas à droite de la page 15 est intéressant car d'après moi, il illustre bien les problèmes que pose le cadrage du sondage. On y lit que les jeunes qui fréquentent un réseau social de microblogging (comprenez : Twitter) plusieurs fois par jour ont un taux d'adhésion à au moins une "vérité alternative" largement supérieur à ceux qui ne le fréquentent qu'une fois par jour, ou jamais — respectivement 81%, 70% et 68%.

Ce graphique m'a immédiatement alerté. La valeur de 69%, c'est-à-dire la valeur pour la population générale, est la moyenne pondérée entre le taux de ceux qui ne consultent jamais un réseau de microblogging (68%), ceux qui consultent une fois par jour un réseau de microblogging (70%) et ceux qui consultent plusieurs fois par jour un réseau de microblogging (81%). Pour que la moyenne pondérée de ces trois valeurs donne 69%, cela signifie que la valeur la plus basse (68%) a un poids important. En d'autres termes : la vaste majorité des personnes sondées n'utilisent sans doute jamais un réseau social de microblogging. Ce que confirme la page 27, douze pages plus loin : seulement 20% des sondés ont utilisé au moins une fois un réseau social de microblogging dans le mois ayant précédé la réalisation du sondage.

Page 27

Comment interpréter que les quelques pourcents des 18-24 ans qui utilisent activement Twitter croient davantage en des "vérités alternatives" que les autres ? Est-ce l'usage de Twitter qui les a fait adhérer à ces "vérités alternatives" ? Ou est-ce qu'ils adhéraient déjà à de nombreuses "vérités alternatives" et ont trouvé sur Twitter une chambre d'écho compatible avec leurs croyances ?

La première explication est problématique, car elle implique que Twitter a un effet négatif sur ses utilisateurs. La deuxième explication l'est beaucoup moins. C'est possiblement même un effet positif. D'une part, des recherches sur les chambres d'écho sur les réseaux sociaux montrent qu'elles sont probablement plus rares sur les réseaux sociaux que dans la vraie vie. Être actif sur les réseaux sociaux pourrait donc avoir un effet protecteur contre les chambres d'écho. D'autre part, lorsque des chambres d'écho émergent sur les réseaux sociaux, elles pourraient avoir tendance à mettre en quarantaine la désinformation : la désinformation circule à l'intérieur de la chambre d'écho, mais elle a moins tendance à en sortir — et donc à contaminer le reste de la population. Dans ce cas, l'existence d'une chambre d'écho est une bonne chose d'un point de vue social, car elle ralentit la diffusion de la désinformation dans la société.

Une dernière critique sur le manque de contexte et le cadrage défaillant du sondage : il n'y a aucune question sur les médias traditionnels.

La question de la responsabilité des médias traditionnels dans la diffusion de "vérités alternatives" n'est pas triviale. Un certain nombre d'études (par exemple celle-ci, celle-là ou encore cette autre étude) suggèrent que c'est lorsqu'une fausse information est relayée dans un média traditionnel qu'elle commence réellement à se diffuser. C'est comme si le passage dans un média traditionnel donnait à la fausse information une forme de crédibilité — un effet "Vu à la télé". C'est un phénomène que l'on observe par exemple aux États-Unis avec la chaîne d'extrême droite Fox News. C'est lorsqu'elle reprend de la désinformation (sur la supposée fraude électorale de 2020, sur la supposée dangerosité des vaccins) que cette désinformation se diffuse auprès des américains conservateurs. Parfois avec des conséquences dramatiques, comme c'est le cas avec la désinformation vaccinale : tout laisse à penser qu'elle a tué de nombreux américains conservateurs, en les poussant à ne pas se faire vacciner contre le COVID — ce qui a provoqué un taux de décès plus élevé lorsqu'ils ont contracté la maladie.

Plus proche de nous, prenons l'hypothèse pseudoscientifique et raciste selon laquelle ce ne sont pas les égyptiens qui auraient construit les pyramides. Cette hypothèse a surtout été popularisée par le documentaire La Révélation des pyramides, diffusé et maintes fois rediffusé sur… RMC Découverte. Sauf erreur de ma part, RMC Découverte n'est pas un réseau social. Sur la santé et le bien-être, la chaîne franco-allemande Arte contribue à diffuser des "vérités alternatives". Sauf erreur de ma part, Arte n'est pas un réseau social. Sur les effets néfastes des pesticides, Stéphane Foucart et Le Monde contribuent à diffuser des "vérités alternatives". Sauf erreur de ma part, Le Monde n'est pas un réseau social. Sur la psychologie, France Culture contribue à diffuser des "vérités alternatives" en donnant régulièrement la parole à des psychanalystes. Sauf erreur de ma part, France Culture n'est pas un réseau social. Sur la science économique, Alternatives Économiques contribue à diffuser des "vérités alternatives". Sauf erreur de ma part, Alternatives Économiques n'est pas un réseau social.

De mon point de vue, ne pas avoir également étudié la responsabilité des médias dans la diffusion de "vérités alternatives" est un important, et gênant, angle mort du sondage de l'IFOP.

Le sondage de l'IFOP se place à l'intersection de deux importantes questions : l'évolution des attitudes vis-à-vis de la science, et la responsabilité des réseaux sociaux dans un certain nombre de problèmes sociaux. Même si la méthodologie du sondage n'est en elle-même pas choquante, le cadrage et les commentaires qu'il a engendrés sont d'après moi sans grand intérêt. Ce sont des débats complexes et qui appellent à de la prudence. Je n'ai pour ma part vu ni complexité, ni prudence, ni dans la notice, ni dans les médias qui ont débattu de la notice.

Le plus paradoxal vu le thème du sondage est qu'il existe un riche corpus scientifique sur les questions qu'il aborde. D'après moi, la voix des expertes et experts de ce corpus manque dans le débat public. Cette voix existe, les expertes et les experts s'expriment déjà — sur les… réseaux sociaux. C'est aux médias de se saisir de leur voix. Mais on comprend qu'un discours du type "c'est compliqué" ou "on ne sait pas trop" est un discours moins efficace pour générer des vues sur des replays d'émissions et des clics sur des articles qu'un discours alarmiste sur les supposés effets néfastes des réseaux sociaux sur la jeunesse.

Restons prudents, écoutons les gens compétents, et en cas de doute, n'hésitons pas à suspendre notre jugement. "Je ne sais pas" est une réponse acceptable à de nombreuses questions.

À bientôt pour le prochain article de L’Économiste Sceptique,
Olivier

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